Chronique n°6 : Max

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Titre : Max
Auteur : Sarah Cohen Scali
Genre : historique
Date de sortie : Mai 2012
Editeur : Gallimard Jeunesse
Nombre de pages : 480
Note : 4,5/5

 

 

 

Résumé :
« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi… béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.
Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher.
Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne. »

 

Mon avis :
Je ne lis quasiment jamais de livres historiques, étant surtout tournée vers la Fantasy, le fantastique et la dystopie. Mais ce roman a attisé ma curiosité grâce à son résumé, et, m’intéressant beaucoup à la Seconde Guerre Mondiale, je me suis lancée. J’en suis ressortie l’estomac noué.

Le roman est écrit du point de vue de Max : le premier bébé du projet « Lebensborn », projet créé par Himmler en Allemagne. Des femmes étaient sélectionnées selon leurs critères physiques pour mettre au monde des représentants de la race aryenne la plus pure, afin de peupler l’Europe d’une jeunesse idéale, parfaite. Nous suivons alors Max durant tout le début de sa vie, années pendant lesquelles Hitler est au pouvoir, années de guerre, de terreur, d’horreur. Ce petit garçon va jouer un rôle essentiel pour le bon déroulement des plans des nazis, et nous allons suivre son évolution, tant mentale que physique, durant les différentes étapes de sa vie bien trop remplie pour son jeune âge. 

Max est un anti-héros, et les sentiments que nous éprouvons à son égard sont très flous : d’un côté, nous le détestons, pour ses pensées, ses paroles, ses actes. Mais d’un autre côté, nous ressentons une sorte d’affection pour lui, mêlée à de la pitié : au fond, ce n’est pas de sa faute. Il a subit du bourrage de crâne depuis sa naissance, il pense faire ce qui est juste, ce qui est bien. D’ailleurs, nous pouvons remarquer une nette évolution vers la fin du roman, où Max va se poser de plus en plus de questions par rapport à la haine à l’égard des juifs, à la puissance d’Hitler, et à l’horreur que tous ces pauvres gens subissent tous les jours depuis des années. Ce qui le pousse vers la prise de conscience, c’est son amitié avec Lucas, un enfant Polonais et Juif. Max va se poser beaucoup de questions sur la haine qu’éprouvent les Nazis à l’encontre de cette population, à ce qu’ils leur font subir, et à ce que lui leur a fait subir depuis son plus jeune âge. A la fin, il s’en rend compte. Il se rend compte qu’il a été utilisé, que son enfance a été gâchée, il se rend compte que lui aussi, il a été l’acteur de choses terribles. Il se rend compte de son enfance détruite, du mal qu’il a causé, mais de son statut de victime également. 

La plume de l’auteure est poignante : bien que le récit soit écrit du point de vue de Max, un bébé au début de l’histoire, le vocabulaire est cru et elle ne passe pas par quatre chemins. Aucune métaphore, tout est dit explicitement, ce qui amplifie le sentiment de mal-être face à la lecture. Ce mal-être provient surtout des paroles de l’enfant : des paroles extrémistes, antisémites, choquantes pour son âge. Paroles qui découlent d’un bourrage de crâne dès sa naissance : il est certain de faire ce qui est bien, certain que ses paroles soient la vérité absolue.

Bien que Max n’ait pas réellement existé, l’auteure s’inspire de faits réels : les milliers de bébés de ce programme sont tous des Max. Ce projet a bien existé, ainsi que toutes les horreurs faites sur les Juifs, les femmes restées en ville, les enfants séparés de leur famille, et les bébés de ce programme qui, s’ils ne correspondaient pas aux critères aryens à leur naissance, étaient tués ou utilisés pour des expériences et études. Certains passages sont très difficiles à lire tant ils sont atroces : savoir que tout ceci s’est réellement produit accentue la boule au ventre que nous ressentons pendant notre lecture. Si vous êtes sensibles, préparez-vous à cette lecture. Elle est tant horrible que magnifique.

Malgré le fait que ce roman soit publié dans le département jeunesse de Gallimard, je trouve cette lecture très dure, à ne pas mettre dans toutes les mains. Elle est essentielle pour comprendre l’histoire de notre pays ; notre histoire ; pour avoir un autre point de vue de la guerre ; celle des Allemands. J’ai appris des faits historiques dont j’ignorais l’existence, des faits pour la plupart ignobles.

Au final, c’est un roman qui nous fait prendre conscience d’une chose : la chance que nous avons de vivre à notre époque, dans notre société actuelle. N’attendez pas pour vivre pleinement votre vie.

Ce livre fait désormais partie de mes préférés, et je pense plus me pencher sur la littérature historique. Je le conseille à tous les passionnés d’histoire, ou à ceux qui cherchent à comprendre notre monde. C’est un livre à livre au moins une fois dans sa vie.

 

« Et je crois bien qu’en temps de guerre, pour un enfant, les années comptent double ».

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Chronique N°5 : Red Queen

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Titre : Red Queen
Auteur : Victoria Aveyard
Genre : Dystopie
Date de sortie : 2016
Editeur : Le Livre de Poche
Prix : 7,90€
Nombre de pages : 448
Note : 4 / 5

 

 

 

 

Résumé :
« Mare Barrow, dix-sept ans, tente de survivre dans une société qui la traite comme une moins que rien. Quand elle s’avère détenir des pouvoirs magiques dont elle ignorait l’existence, sa vie change du tout au tout. Enfermée dans le palais de la famille royale, promise à un prince, elle va devoir apprendre à déjouer les intrigues de la cour, à maîtriser un pouvoir qui la dépasse, et à reconnaître ses ennemis. »

Mon avis :
En ce moment, je ne suis déçue d’aucune de mes lectures. Je découvre des intrigues et des univers exceptionnels, des romans qui regorgent de tout ce qui me plait dans la littérature de jeunesse. J’ai récemment découvert des sagas qui ont trouvé une place dans mon cœur, comme La Faucheuse et Les Enfants Particuliers ; je n’ai lu que le tome 1 pour l’instant ; et la plus récente est Red Queen, qui a su me faire vibrer.

Dans ce roman, nous suivons l’histoire de Mare, une jeune fille de dix-sept ans qui vit dans le village de Pilotis avec ses parents et sa sœur. Ses trois frères ont été envoyés à la guerre, chose qui arrive à ceux qui atteignent dix-huit ans et qui n’ont pas de travail ni d’apprentissage. Le monde dans lequel nous nous plongeons est coupé en deux : d’un côté, les Rouges, appelés ainsi par la couleur de leur sang, qui sont condamnés à vivre une existence pauvre et misérable, réduits à l’état d’esclavage, et d’un autre côté, les Argents, qui eux ont le sang de cette même couleur, qui possèdent des pouvoirs exceptionnels et qui gouvernent le monde d’une main de fer. Ces derniers se pensent supérieurs aux Rouges, bien évidemment, et ils n’hésitent pas à les traiter comme des moins que rien et à les envoyer périr à la guerre à leur place. Mare n’a pas de travail, n’est pas douée à une tâche précise, et elle sait qu’elle partira bientôt à la guerre. Elle passe donc ses journées à voler les plus riches afin d’en faire profiter sa famille.
Mais un jour, tout bascule, et elle tombe dans un engrenage infernal : de domestique Rouge au palais servant la cour à princesse Rouge au milieu d’Argents, il n’y a qu’un pas. Lorsqu’elle découvre qu’elle possède un pouvoir, et ce devant tous les Argents, ces derniers ne savent que faire : elle a le sang rouge, mais possède un don que seuls les Argents peuvent posséder. Pour se protéger d’elle et percer à jour cette énigme, mais aussi pour se servir d’elle afin de calmer la Garde Ecarlate, groupe de rebelles Rouges qui souhaitent l’égalité pour tous, ils prennent une décision qui changera la vie de Mare à jamais : elle est promise au prince. 

« N’importe qui peut trahir n’importe qui »

Il existe de nombreuses dystopies Young Adult, toutes uniques en elles-mêmes, mais celle-ci se démarque du lot par son intrigue originale, ses personnages attachants et imprévisibles, ses retournements de situation et la plume entraînante de l’auteure.
La première chose qui m’a quelque peu surprise dès le début de ma lecture, c’est le style d’écriture de Victoria Aveyard. Le récit est au présent, chose peu commune dans mes précédentes lectures, où les temps du passé étaient omniprésents. J’ai trouvé que cette utilisation du présent donnait beaucoup plus de rythme au récit et plonge facilement le lecteur dans l’histoire, comme si nous étions nous-mêmes Mare. Les nombreuses descriptions des lieux et des personnages nous envoûtent et nous immergent dans cet univers totalement différent du nôtre. La plume de l’auteure est fluide, simple, et le récit du point de vue de Mare nous plonge dans ses pensées les plus profondes, j’avais parfois l’impression de ressentir ce qu’elle ressentait, de comprendre ses sentiments et de partager ses pensées.
Les premiers chapitres ne se concentrent pas sur les moments d’action mais sur le fonctionnement de ce monde encore inconnu pour nous : nous avons connaissance des différences entre les Rouges et les Argents, les démonstrations de force incessantes de ces derniers, les différentes lois et coutumes, la vie quotidienne de ces Rouges traités en inférieurs.. Ma seule déception est le manque d’explications sur l’apparition des Argents. Comment des gens au sang couleur argent et dotés de pouvoirs ont vu le jour ? Comment sont-ils devenus supérieurs ? Comme la monarchie a-t-elle été mise en place ? Nous ne le savons pas, et j’espère que les réponses à ces questions se trouvent dans les tomes suivants.

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« Je suis le roi et tu aurais pu être ma reine rouge. Désormais, tu n’es plus rien. »

Les personnages sont attachants, mais ce n’est pas pour Mare que j’ai eu un réel coup de cœur. J’ai apprécié son caractère et sa personnalité, c’est une jeune fille forte, avec un gros caractère, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle est loyale aux siens, et faire semblant d’appartenir aux Argents, à ses ennemis, pour expliquer son don, la rend malade. Pourtant, elle joue assez bien son rôle, et je l’ai admirée tout au long du roman de ne pas craquer et de rester sur ses positions.  Elle sait jouer un double jeu, faire semblant d’être une Argent et aider la Garde Ecarlate à mener à bien ses missions. Néanmoins, je l’ai trouvée parfois prétentieuse, se croyant intouchable, pensant que tout le monde va la suivre, va l’écouter et surtout va la choisir, elle. Je l’ai surtout trouvée très naïve, puisque même si ce n’était pas son intention au début, elle finit par faire confiance aux mauvaises personnes, et à tomber de haut à la fin.. Je suis tombée avec elle, je l’avoue.
Les personnages qui m’ont parus le plus intéressants sont Cal et Maven, les deux jeunes princes. En effet, ils sont très complexes et difficiles à cerner : tout au long du roman, nous ne savons pas réellement leurs véritables pensées, si Mare peut leur faire confiance ou non, s’ils sont sincères ou s’ils se jouent des autres.. Les deux frères sont complètement différents l’un de l’autre, et, comme Mare, je ne savais pas vers lequel faire pencher ma faveur. J’ai fini par avoir une préférence, mais j’ai découvert à la fin du roman que je m’étais complètement trompée sur les intentions de l’un et de l’autre, ceux et celles qui ont déjà lu le livre doivent savoir de quoi je parle. Ce retournement de situation, si nous ne le voyons pas venir, nous plonge dans le même état que Mare : le choc et l’incompréhension, et l’impression d’avoir été trahis.

Concernant l’intrigue et les rebondissements, à part deux choses ; qui sont, à vrai dire, centrales dans l’histoire ; je n’ai rien vu venir. Les événements ne sont pas prévisibles et le lecteur est submergé par tout un tas d’émotions, émotions qu’il partage avec Mare. Le triangle amoureux ; ou plutôt, le quatuor ; était prévisible dès le début, mais ça n’a gâché en rien ma lecture puisque les relations entre les différents personnages m’ont fait vibrer. Je me demandais sans cesse ce que Mare ressentait, pour qui elle éprouvait de réels sentiments, qui elle allait choisir, et je me le demande encore. J’espère que cette ambiguïté va continuer dans les prochains tomes et va se terminer à la fin de la saga, et je serai déçue si elle choisissait la personne qui me semble le plus prévisible.
Ce que j’ai aussi trouvé prévisible, c’est le fait de savoir que Mare s’en sortira toujours, quoi qu’il arrive. Ce n’était pas le cas pour ses amis, ni pour sa famille, mais même dans les moments où il était impossible qu’elle s’en sorte sans égratignures, elle s’en sortait quand même. C’était prévisible, et cela a retiré une touche de suspense.

Ce roman, mêlant de la dystopie à de la Fantasy, me fait penser à un mélange de Game of Thrones et de Hunger Games. Les trahisons et les manipulations autour de la couronne rappelle l’ambiance du Trône de Fer, d’ailleurs la reine Elara m’a beaucoup fait penser à la reine Cersei de par son caractère. La rébellion mise en place, elle, m’a rappelée la saga  Hunger Games : les Rouges se liguent peu à peu contre les Argents, ne pouvant plus supporter d’être considérés comme des esclaves. Avec l’aide de Mare, qui est un peu la figure de la rébellion à l’instar de Katniss Everdeen, la Garde Rouge organise des attentats dans l’idée de renverser l’état et de changer les choses. Ils souhaitent un monde meilleur, où tous les habitants sont égaux entre eux. Je trouve que cela fait un bon mélange, ce premier tome prépare à une saga prometteuse, à une bataille e,tre les Argents et les Rouges en quête de liberté, un ralliement de la Garde Ecarlate pour changer les choses : « Notre armée se lèvera, aussi rouge que l’aube. » Ma seule crainte : être déçue par le second tome.

Et vous, l’avez-vous lu, ainsi que toute la saga ? Qu’en avez-vous pensé ?
A bientôt pour une nouvelle chronique !

 

« Dans les histoires, les vieux contes de fées, un héros surgit toujours pour rétablir la justice. Mais tous mes héros sont partis ou morts. Personne ne viendra me sauver. »

 

 

 

Chronique N°5 : Miss Peregrine et les Enfants Particuliers

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Titre : Miss Peregrine et les Enfants Particuliers
Auteur : Ransom Riggs
Date de sortie : 2011
Editeur : Bayard Jeunesse
Prix : 7,90€
Nombre de pages : 444
Note : ⭐⭐⭐⭐ / 5

 

 

 

Résumé :
Depuis qu’il est enfant, Jacob écoute les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier lui a souvent parlé de l’orphelinat de Miss Peregrine, peuplé d’enfants « particuliers », doués de capacités surnaturelles. Un soir, Jacob, qui a maintenant seize ans, trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, il part en quête de vérité et découvre le pensionnat en ruines : les enfants particuliers ont bel et bien existé. Mais sont-ils toujours en vie ?

Mon avis :
Ce roman est une excellente illustration de la raison pour laquelle je préfère la littérature de jeunesse aux romans plus tournés vers les adultes. Les romans dits appartenant à cette littérature possèdent cette magie que les autres n’ont pas. 

Ici, nous suivons Jacob, un jeune adolescent ordinaire, qui a grandi entouré des histoires extraordinaires contées par son grand-père. Celui-ci ne cessait de lui parler d’une île merveilleuse où régnait la paix, d’un foyer peuplé d’enfants aux pouvoirs plus invraisemblables les uns que les autres, et de monstres qui sont venus les attaquer du jour au lendemain. Jacob a toujours cru que ces histoires n’étaient que des contes de fées, inventés par son grand-père pour oublier les horreurs de la guerre. Qui aurait cru cela possible, une fillette qui lévite sans cesse, un garçon invisible, et une femme se transformant en faucon ? Mais, à la mort de son grand-père, tué par un monstre que le jeune homme a vu de ses propres yeux, tout ce qu’il a cru être des mensonges jusqu’ici devient de plus en plus réel.  Il va alors partir pour l’île dont lui parlait son grand-père, accompagné de son père, afin de percer à jour la vérité sur la vie de son ancêtre. Il va finir par découvrir la boucle, là où le jour du 3 septembre 1940 se répète sans cesse, et où les enfants particuliers se cachent pour toujours..

« Je venais juste de me résigner à vivre une vie ordinaire, quand des événements extraordinaires se sont produits. »

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L’écriture de l’auteur est fluide, simple, ce qui plonge complètement le lecteur dans les aventures que vit Jacob : le lecteur, lui aussi, part à la recherche de l’orphelinat décrit par le grand-père du jeune homme, ainsi qu’à la recherche de traces de l’existence des enfants aux pouvoirs fantastiques. La présence de photographies en noir et blanc mettant en scène justement ces enfants faisant démonstration de leurs pouvoirs, leurs portraits, ou bien encore les photographies du grand-père de Jacob et de certaines lettres au moment même où le personnage principal les tient entre ses mains renforce l’idée que tout soit réel et que le lecteur ait en sa possession, lui aussi, ces photographies. Je trouve que ceci est un énorme point positif pour le roman, ces images plongent le lecteur dans l’ambiance même de l’histoire, par son aspect sombre et mystérieux, et parfois même glauque.

« – Ils auront beau vous aimer, a-t-elle murmuré, ils ne vous comprendront jamais. »

J’ai trouvé cette histoire très touchante, ainsi que celle des enfants particuliers. Pour la simple raison qu’ils soient nés avec des facultés que les autres n’ont pas, ils ont été rejetés par leur famille, par le reste du monde, stigmatisés et maltraités. J’ai trouvé également touchant le fait qu’ils restent des enfants pour toujours, enfermés dans un monde à eux, pendant la seconde guerre mondiale, et qu’ils ne connaissent rien du monde moderne, de ce qu’il s’y passe et des nouvelles avancées technologiques et scientifiques. Un peu comme les enfants perdus dans Peter Pan, ils sont condamnés à rester des enfants pour toujours, pris au piège dans une époque qui est désormais révolue.

Je pense que cet orphelinat reflète quelque peu le souhait de chaque enfant à un moment de sa vie : qui n’a jamais rêvé de vivre dans une immense maison, en compagnie d’une dizaine d’enfants, possédant des pouvoirs magiques, ne grandissant jamais et restant ici pour toujours, avec pour seule préoccupation s’amuser ? 

Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en lisant ce roman, puisque lorsque nous ne découvrons pas l’univers des enfants particuliers, le fonctionnement de la boucle et les pouvoirs de chaque enfant, nous sommes plongés dans une action et une intrigue plus que prenantes : les enfants particuliers sont en danger. J’aime particulièrement ce genre de roman, où tous nos repères nous sont retirés et où nous découvrons un autre univers, complètement différent du nôtre, voire parallèle au nôtre, comme ce fut le cas ici. Et qui sait, peut-être que des enfants particuliers se cachent parmi nous ?

J’ai adoré l’univers que l’auteur a su mettre en place, mais aussi l’ambiance assez mystérieuse et lugubre. L’originalité de la boucle est ce qui démarque ce roman des autres : dans notre monde, l’orphelinat n’est plus, les enfants non plus, mais en traversant un passage, il est toujours là, tapi dans une époque parallèle, où le même jour ne cesse de se répéter.

J’ai trouvé les personnages attachants et complexes, et j’ai eu un coup de cœur pour Emma, qui n’a rien du stéréotype de la jeune fille naïve et douce : c’est un personnage qui possède un fort caractère, qui n’a peur de rien et qui est prête à tout pour sauver ceux qu’elle aime. Elle me rappelle même Hermione Granger de la saga Harry Potter ! 

Je recommande ce roman à tous ceux qui ont un penchant pour le fantastique, les voyages dans le temps et les mondes parallèles. J’ai dévoré ce roman et j’ai hâte de lire les deux autres tomes ! Pour ceux qui sont intéressés, il existe un film issu du premier tome ; assez connu d’ailleurs ; mais je ne l’ai pas encore vu, je pense le regarder après avoir lu les trois tomes. Des extraits que j’ai vus, il y a de nombreux changements notamment au niveau des personnages et je sens que ce film va me décevoir ! De toute façon, il est rare que les adaptations cinématographiques soient à la hauteur des livres..

Et vous, avez-vous lu ce roman ? 

 

« Le sommeil, la mort ne sont pas ;
Qui semble mourir vit encore.
Seuil où tu fis tes premiers pas,
Heureux amis de ton aurore ;
Jeune fille, enfant et vieillard,
Récompense d’efforts sans trêve,
Tout s’évanouit au regard,
Tout se métamorphose en rêve
Et rien ne reste dans la main. »

 

 

 

 

Chronique N°4 : Le Livre Des Choses Perdues

 

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Titre : Le Livre Des Choses Perdues
Auteur : John Connolly
Genre : Fantasy
Date de sortie : 2009
Editeur : L’Archipel
Prix : 18,80€
Nombre de pages : 349
Note : ⭐⭐⭐⭐ / 5

 

 

 

Résumé :
Il était une fois – car c’est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d’entendre sa mère l’appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre Mondiale déferle sur l’Europe, David entame un périple à la recherche d’un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre Des Choses Perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d’autres desseins..

Mon avis :
Pour tout vous dire, je ne m’attendais absolument pas à ce genre de lecture. A la vue du résumé, je pensais trouver un univers tel que celui du roman L’Histoire Sans Fin de Michael Ende : un jeune garçon, pour échapper à la dure réalité de la vie, s’enfuit dans un monde fantastique, où il peut avoir et devenir tout ce qu’il souhaite, un monde d’une beauté sans pareille et peuplé de créatures toutes plus superbes et mystérieuses les unes que les autres. Même si certains points sont semblables, le monde dans lequel est plongé le jeune David n’a rien de merveilleux.

« Les histoires veulent être lues, disait la mère de David dans un murmure. Elles en ont besoin. C’est pour cette raison qu’elles quittent leur monde pour se frayer un chemin jusqu’au nôtre. Elles veulent qu’on leur donne la vie. »

Au début du roman, nous sommes plongés au cœur de la Seconde Guerre Mondiale : David, un jeune garçon de 12 ans, vit au cœur de Londres avec ses parents. Dès le départ, nous sommes confrontés à une atmosphère lourde et à la tristesse sans fin du garçon : sa mère est gravement malade, et malgré tous ses efforts pour la garder en vie ; comme ses multitudes de rituels quotidiens ; elle décède. David va alors se plonger entièrement dans les livres, puisqu’il a une réelle passion pour la lecture, et les souvenirs de sa mère sont le plus souvent liés à celle-ci. La culpabilité et le manque de sa mère le rongent, il se renferme sur lui-même et se coupe du monde réel, n’ayant plus que pour compagnie ses livres. Le roman traite alors de sujets lourds et difficiles, surtout pour des enfants, comme le deuil d’un parent, la culpabilité et le mal-être dans un monde dont nous préférerions ne pas faire partie, et le commencement d’une nouvelle vie, avec une belle-mère qui souhaite remplacer la mère, l’arrivée d’un demi-frère et l’emménagement dans une nouvelle maison. S’ensuit alors la jalousie, David en veut à son père de refaire sa vie si rapidement et d’oublier sa mère et lui par la même occasion. Le jeune garçon, tel un électron libre, ne trouve pas sa place dans cette nouvelle vie.

« Vivre dans ce nouveau était décidément trop douloureux. Il avait fait des efforts surhumains. (…) Dans le monde des histoires, le bien était toujours récompensé et le mal puni. Tant qu’on restait dans le droit chemin, tant qu’on ne s’en écartait pas pour aller explorer la forêt, alors on ne risquait rien. Si quelqu’un était malade, comme le vieux roi du conte, ses fils partaient à la recherche de l’Eau de Vie et, si un seul d’entre eux se révélait assez courageux et assez sincère, le roi était guéri. David avait été courageux. Et sa mère plus encore. Mais au bout du compte, le courage n’avait pas suffit. Le monde dans lequel vivait David n’en tenait pas compte. Plus David y réfléchissait, moins il avait envie de faire partie de ce monde-là. »

Après un choc émotionnel, des changements majeurs dans sa vie et un renfermement sur lui-même, la frontière entre le réel et l’imaginaire devient instable, floue. Le jeune garçon passe désormais son temps plongé dans les livres, si bien qu’il ne semble plus distingué ce qui est réel et ce qui est imaginé.
Une nuit, David entend la voix de sa mère l’appeler au-dehors de la maison. Il n’hésite pas et passe par la brèche dans le mur au fond du jardin : il se retrouve alors dans un autre monde, un monde peuplé des personnages issus de ses livres préférés.

La singularité de cet autre monde est ce qui rend unique cet ouvrage. Très vite, David, ainsi que nous, lecteurs, nous rendons compte que ce monde n’est pas comme nous l’espérions : l’atmosphère y est lugubre, la paix n’y règne pas, de grands dangers planent  sur le jeune garçon, et, surtout, les personnes y vivant se trouvent être des personnages issus des contes que lit David, mais d’une toute autre version. En effet, nous avons affaire à des réécritures des contes, mais d’une manière plus effrayante, voire gore, des contes qui ne sont absolument destinés aux enfants. Par exemple, le Petit Chaperon Rouge tombe amoureuse du loup et ont un enfant, mi-loup mi-humain. David finit même par regretter d’être entré dans ce monde, puisque la beauté et l’émerveillement des contes ne sont pas présents ici. En réalité, toutes les peurs des enfants prennent vie ici : un homme étrange qui les kidnappe, des monstres plus horribles les uns que les autres.. Ici, le Prince Charmant n’existe pas, et les princesses non plus. 

Le jeune David va vivre un voyage initiatique, un voyage qui va le changer à jamais. Le passage pour retourner dans son monde n’existe plus, il doit alors trouver lui-même un moyen pour rentrer. Pour ce faire, il va faire un long voyage jonché d’obstacles, d’aventures et d’ennemis, durant lequel il va rencontrer les personnages des contes qu’il lit, afin de trouver le roi pour qu’il l’aide à rentrer chez lui. Mais bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, et si le lecteur se pose de multiples questions tout au long de sa lecture, c’est pour en trouver les réponses à la toute fin du roman. Ce voyage va l’aider à faire le deuil de sa mère, mais aussi à accepter sa nouvelle vie : il passe d’enfant à homme.

Ce roman a été un réel coup de cœur puisque j’ai été plongée dans cet univers si peu commun, où l’aspect merveilleux si commun aux autres mondes a été absent, où les contes ont été totalement réécrits ; d’ailleurs j’ai adoré les passages où des personnages contaient les histoires ; et où, à la fin, il y a une réelle morale. Parfois, les contes ont été tellement réécrits qu’ils tournent à la parodie, certains passages sont d’ailleurs très amusants. Ce roman montre encore une fois l’importance de la lecture et ses vertus, passant par l’abondance de connaissances grâce aux livres et par l’échappatoire à la triste réalité du monde réel proposé. L’aventure de David dans son monde lui a permis d’affronter ses peurs, d’accepter le décès de sa mère mais aussi de grandir. La fin m’a particulièrement touchée, je l’ai trouvée parfaite, vous verrez par vous-même si vous lisez ce livre ! Je vous le recommande totalement, et particulièrement si vous aimez les contes !

Et vous, avez-lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?
A bientôt pour une nouvelle chronique !

 

« La plupart des enfants finissent toujours par revenir ici. »

 

 

 

Chronique N°3 : La Faucheuse, Thunderhead

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Titre : La Faucheuse, Thunderhead
Auteur : Neal Shusterman
Genre : dystopie
Date de sortie : 2018
Editeur : R-Jeunes adultes
Prix : 19,50€
Nombre de pages : 576
Note : ⭐⭐⭐⭐,5 / 5

 

 

 

Attention, cet article continent des spoilers sur le tome 1 de La Faucheuse !

Résumé :
« Les humains apprennent de leurs erreurs. Moi pas. Je ne commets jamais d’erreur. »
Le Thunderhead, l’intelligence artificielle qui gouverne le monde, a interdiction de se mêler des affaires de la communauté des Faucheurs. Il ne peut qu’observer… Et il n’aime pas ce qu’il voit.

Mon avis :
Que dire si ce n’est que La Faucheuse est devenue en seulement quelques jours une de mes sagas préférées ? Je viens de finir le deuxième tome, et un seul mot est suspendu à mes lèvres : wow.

En finissant le tome un de La Faucheuse, j’avais tellement été absorbée par cet univers futuriste que j’avais peur d’être déçue par Thunderhead, le tome deux. En effet, après avoir découvert cette nouvelle société, ses fonctionnements et les multiples personnages, je me demandais ce que je pourrai bien découvrir dans le tome suivant. Saurait-il me faire vibrer et me surprendre comme son prédécesseur ? J’étais loin de m’imaginer à quel point.

Dans ce roman, nous retrouvons les personnages du tome précédant, ceux chers à nos cœurs,  mais également des nouveaux, comme Greyson Tolliver. La fin du premier tome laissait sous-entendre la suite :  Citra devenue une jeune Faucheuse, et Rowan évaporé dans la nature, devenant à lui seul Maître Lucifer. En effet, ce dernier s’est donné comme mission de débarrasser la Communauté des Faucheurs injustes, ceux appartenant au Nouvel Ordre, qui prennent plaisir à tuer et qui veulent changer certains commandements, comme le quotas de personnes à glaner par an par exemple. C’est le conflit entre les deux parties, l’Ancien Ordre et le Nouvel Ordre qui est omniprésent tout au long du roman. 

Dans le tome précédant, j’avais particulièrement apprécié la présence d’extraits des journaux de certains Faucheurs. Ils nous permettaient d’entrer dans leur intimité et de ne plus les voir comme des êtres ôtant la vie sans aucun remord mais, au contraire, comme des humains à qui on a confié une énorme tâche, trop lourde pour leurs épaules. Ces extraits permettaient aux lecteurs de se rapprocher des Faucheurs, de comprendre leurs états d’esprits et leurs pensées, et de se rendre compte que non, ils n’étaient pas insensibles, et qu’ils ne dormaient pas bien la nuit. Dans ce tome deux, il n’y a plus la présence de ces extraits, mais la présence des pensées du Thunderhead lui-même, l’intelligence artificielle qui gouverne le monde entier. Et j’ai trouvé cela encore plus intéressant. En effet, grâce à ces extraits, nous comprenons mieux ce monde nouveau : nous apprenons comment a été mis en place le Thunderhead, la manière dont il fonctionne, comment il surveille et gère le monde entier, et surtout comment il a su trouver une solution à chaque problème que nous vivons, nous lecteurs, au quotidien dans notre vie. Et c’est pour cela que ce roman est si poignant, à mon sens : tout ce qui se trouve dans ce roman est plausible. Le Thunderhead a réglé chaque problème de notre vie. Malheureusement, rien ne peut être parfait, car les humains restent des humains, avec leurs défauts et leurs vices.. Il s’est avéré que je me suis attachée à cette intelligence artificielle, qui regarde tout ce qu’il a construit se désagréger peu à peu sans pouvoir intervenir.

« J’ai effectué un nombre incalculable de simulations quant à la survie de l’humanité. Sans moi, elle aurait eu 96,8% de chances de s’éteindre d’elle-même et 78,3% de chances de rendre la planète inhabitable pour toute forme de vie terrestre. L’humanité l’a échappé belle en se choisissant comme gouvernant et protecteur une intelligence artificielle bienveillante. »

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Je reprochais quelque peu au tome un de ne pas entrer assez profondément dans la psychologie des personnages et de tarder dans les moments d’action. Et bien je dois dire que j’ai été agréablement surprise, puisque chaque personnage, même les secondaires, ont été plus que développés, de sorte à ce que je compatisse à certains, à ce que je m’identifie à d’autres, et à ce que je m’attache à beaucoup d’entre eux. Nous retrouvons Citra qui doit abandonner sa vie d’avant mais aussi celle qu’elle était, puisqu’elle est désormais Dame Anastasia, et nous faisons face aux difficultés qu’elle rencontre à s’assumer pleinement Faucheuse. Rowan, quant à lui, est confronté, comme dans le tome précédent, à beaucoup d’obstacles très douloureux, et son obsession pour faire disparaître de la Communauté tous les Faucheurs corrompus n’arrange pas les choses. Grâce à cet approfondissement, j’ai même pris certains « méchants » en pitié.
Contrairement au manque d’action dans le premier tome, Thunderhead en est regorgé. Pas un seul instant nous pouvons nous ennuyer, puisque dès le début, l’intrigue s’installe très rapidement et nous lance dans une spirale infernale : Dame Anastasia et Dame Curie sont en danger et le Nouvel Ordre et l’Ancien s’affrontent plus que jamais. S’ensuit tout un tas d’enquêtes, de rebondissements, que nous ne pouvons en aucun cas prévoir. Plusieurs fois, je me suis retrouvée sans voix devant ce que je lisais. Et ne parlons pas des derniers chapitres.. Ils m’ont quant à eux bouleversée, une succession d’événements que je n’avais en aucun cas vu venir m’a sauté au visage et m’a fait verser quelques larmes. L’auteur sait faire monter la pression et le suspense pour un final explosif. Vraiment explosif.

Et, alors que j’étais soulagée de ne pas voir de relation trop romantique et niaise entre Rowan et Citra dans le premier tome, ici, je ne demandais que cela.
Je me demande comment je vais tenir jusque 2019 pour le troisième et dernier tome.. Je me suis tellement attachée à Citra et Rowan, j’ai bien peur de ce qui pourrait leur arriver.

Je vous conseille cette saga à 100%. C’est un univers très complet, avec ses personnages plus complexes les uns que les autres et des rebondissements imprévisibles. L’intrigue est très bien construite et tout est mis en place pour nous bouleverser et nous faire réfléchir sur notre place dans le monde. Je suis ressortie de ma lecture toute secouée.

 

« Elle l’enveloppa de ses bras et il la serra contre lui. Dans son étreinte, elle n’était plus Dame Anastasia, elle était redevenue Citra Terranova. »

 

 

 

Bilan du mois : juin 2018

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Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve pour mon premier bilan sur le blog, celui du mois de juin.

Je dois dire que je n’ai pas lu autant que je l’aurais voulu, puisque j’ai eu beaucoup de mal à terminer L’Histoire Sans Fin, bien que j’ai adoré l’intrigue et l’univers de ce roman.

  • L’Histoire Sans Fin – Michael Ende ⭐⭐⭐⭐/ 5 ( chronique ici )
  • La Faucheuse – Neal Shusterman ⭐⭐⭐⭐,5 / 5 ( chronique ici )
  • La Faucheuse, Thunderhead – Neal shusterman ⭐⭐⭐⭐,5 / 5 
  • Le Livre des Choses Perdues – John Connolly ( en cours de lecture )

Je suis néanmoins satisfaite de mes lectures du mois, car je n’ai pas été déçue par un seul de ces romans. J’ai découvert la saga La Faucheuse qui a été un véritable coup de cœur pour moi, j’avais peur d’être déçue par le deuxième tome mais il n’en a été que meilleur, à mon grand bonheur. Vous pourrez d’ailleurs retrouver la chronique de Thunderhead prochainement sur le blog.
Je suis également ravie d’avoir lu un des grands classiques de la littérature de jeunesse, L’Histoire Sans Fin, même si j’ai dû m’accrocher pour ne pas me noyer dans cet univers si riche.
Je n’ai pas encore terminé Le Livre des Choses Perdues car je ne cesse de prendre des notes pendant ma lecture qui me serviront pour mon futur mémoire. Je ne suis pas encore arrivée à la moitié du roman mais je peux déjà dire que ce livre est une pépite : c’est un univers assez sombre, le garçon qui est le personnage principal est très touchant et il y a un basculement dans un monde fantastique, ce que je préfère dans les romans de littérature de jeunesse !

 

Et vous, quelles ont été vos lectures du mois ?

 

 

Chronique N°2 : L’Histoire Sans Fin

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Titre : L’Histoire Sans Fin
Auteur : Michael Ende
Genre : fantastique 
Éditeur : Hachette 
Prix : 19,90€
Nombre de pages : 517
Note : 4 / 5 

 

 

 


Résumé :
 
Allongé dans le grenier poussiéreux de son école, Bastien s’évade entre les pages de sa dernière trouvaille : un vieux livre aux belles images, volé dans une boutique.
Il raconte une histoire pas comme les autres, une Histoire Sans Fin, celle du Pays Fantastique où vivent des créatures étranges.
Elfes nocturnes et escargots de course, loups-garous et dragons sont menacés par un mal mystérieux qui efface tout sur son passage..
Bastien le comprend très vite : même Atréyu, le héros sans peur qu’il aime tant, n’a pas la force d’arrêter le Néant.
Un seul être est capable de sauver le Pays Fantastique : un enfant des hommes, venu d’un univers au-delà des frontières.. Un enfant qui n’est peut-être pas si loin que ça.

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Mon avis :
Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, on se retrouve pour ma deuxième chronique sur le blog, portée sur le roman fantastique L’Histoire Sans Fin écrit par Michael Ende.

Qui n’a jamais rêvé, étant enfant ou même adulte, de se plonger véritablement dans l’univers qu’il est en train de lire ? Bastien, lui, a eu cette chance.
Grand classique de la littérature de jeunesse, je me devais de lire ce roman. Ayant toujours eu un grand intérêt pour les livres dans lesquels se trouve un basculement monde réel / monde imaginaire et fantastique, encore plus. 

L’Histoire Sans Fin est une ode à la lecture et à l’imaginaire. Ce roman montre le pouvoir de l’imagination, de la littérature et ses bienfaits sur les lecteurs.
Nous découvrons Bastien, petit garçon d’une dizaine d’années, mal dans sa peau, qui a perdu sa mère et dont les relations avec son père sont houleuses. Ses camarades d’école se moquent de lui et la solitude le ronge de plus en plus. Il va alors se plonger dans ce qui ne le décevra et ne le blessera jamais : un livre, qu’il vole chez un libraire. Il se réfugie dans un monde imaginaire pour échapper à la dure réalité de la vie. Ce que la plupart des lecteurs font, en réalité. 

Le livre qu’il lit passionnément raconte l’histoire du Pays Fantastique qui se trouve en grand danger : le Néant efface peu à peu tout le pays, entraînant sur son passage tous ses habitants. Le seul moyen de tous les sauver : un enfant venu du monde des Hommes doit donner un nouveau nom à la Petite Impératrice. Je vous laisse deviner qui va s’en charger..
Le petit Bastien va alors vivre toutes sortes d’aventures dans le Pays Fantastique, des aventures qui vont changer la personne qu’il est, changer également sa vie mais aussi celle des Hommes de son monde.

Ce roman met des mots sur un fantasme littéraire très répandu et ce depuis toujours : celui de briser la frontière entre imaginaire et réalité, d’entrer en contact avec les personnages de l’histoire que nous lisons, et de se retrouver corps et âme dans l’histoire pour que l’imaginaire devienne finalement réalité. 

J’ai beaucoup aimé ce roman, mais la lecture a été un peu compliquée pour moi. J’ai parfois dû faire de longues pauses dans ma lecture et m’accrocher pour ne pas me perdre dans ce monde si riche. L’abondance de descriptions permet au lecteur de bien imaginer à quoi ressemble cet univers inconnu pour lui et les créatures qui le peuplent, mais cela cache quelque peu l’action et fait traîner le roman en longueur. Néanmoins, j’ai adoré cet univers, nous sommes surpris de page en page, les créatures décrites et les paysages sont surprenants et passionnants. L’auteur a énormément d’imagination, il nous fait voyager dans un monde inconnu, fantastique, où tout est possible tant que nous le désirons.
Me plongeant dans les livres depuis mon enfance, je me suis reconnue en Bastien, et je pense que c’est le cas pour tous les amoureux de la lecture et des mondes imaginaires. J’aurais tellement aimé pouvoir devenir l’héroïne de mon livre préféré, être plongée littéralement dans l’univers décrit en étant plus jeune !
J’ai également apprécié le fait que nous suivons deux histoires bien distinctes au début, mais qui n’en font qu’une au bout d’un moment : nous lisons l’histoire de Bastien, qui vole un livre et le lit, et l’histoire du Pays Fantastique. Et soudain, ces deux histoires n’en font qu’une, puisque Bastien est plongé dans le Pays Fantastique. D’ailleurs, la réalité et l’histoire du monde imaginaire sont écrites en différentes couleurs pour ne pas que le lecteur soit perdu.
Concernant les personnages, ils sont complexes, mystérieux, et, chose importante, ils ne sont pas parfaits. Ils font des erreurs, ont des différends, et leur caractère change, comme c’est le cas pour tout le monde. Ils sont humains. Je pense que toutes celles et tous ceux qui ont lu le roman sont d’accord pour dire qu’à un moment, Bastien devient exécrable. Cela fait partie du voyage initiatique, il doit passer par là pour en tirer les bonnes leçons. 

La mise en abîme tout au long du roman m’a parue très intéressante : nous lisons un livre dans lequel un enfant lit un livre contant l’histoire d’un monde imaginaire. Dans un sens, nous, lecteurs, sommes le personnage central de l’histoire : à plusieurs reprises, Bastien fait allusion aux lecteurs, en déclarant qu’il se peut que quelqu’un lise son histoire, qu’il devienne alors le « nouveau Bastien » et que l’histoire recommencerait à l’infini, ce qui explique le titre du roman, L’Histoire Sans Fin.

En réalité, nous sommes tous des Bastien : nous, lecteurs, nous plongeons dans une histoire, nous nous mettons à la place des personnages et nous imaginons que c’est bien nous qui vivons ces aventures. En lisant, nous nous plongeons complètement dans un autre univers, échappant ainsi à la réalité nous entourant.

Pour conclure, je recommande ce roman à tous les amoureux de la lecture, du fantastique, des mondes imaginaires. Il interroge le lecteur sur ce qu’il juge être réel ou imaginaire, et sur sa propre capacité à franchir cette barrière mentale. Et, comme Bastien, après avoir terminé un livre, nous en sortons, dans un sens, changés.

 

« Hélas, tout n’arrive qu’une fois, pourtant tout doit arriver.
Par-dessus monts et vallées, 
Par-dessus les prés et les bois,
Je m’en irai, je passerai.. »