Chronique N°4 : Le Livre Des Choses Perdues

 

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Titre : Le Livre Des Choses Perdues
Auteur : John Connolly
Genre : Fantasy
Date de sortie : 2009
Editeur : L’Archipel
Prix : 18,80€
Nombre de pages : 349
Note : ⭐⭐⭐⭐ / 5

 

 

 

Résumé :
Il était une fois – car c’est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d’entendre sa mère l’appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre Mondiale déferle sur l’Europe, David entame un périple à la recherche d’un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre Des Choses Perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d’autres desseins..

Mon avis :
Pour tout vous dire, je ne m’attendais absolument pas à ce genre de lecture. A la vue du résumé, je pensais trouver un univers tel que celui du roman L’Histoire Sans Fin de Michael Ende : un jeune garçon, pour échapper à la dure réalité de la vie, s’enfuit dans un monde fantastique, où il peut avoir et devenir tout ce qu’il souhaite, un monde d’une beauté sans pareille et peuplé de créatures toutes plus superbes et mystérieuses les unes que les autres. Même si certains points sont semblables, le monde dans lequel est plongé le jeune David n’a rien de merveilleux.

« Les histoires veulent être lues, disait la mère de David dans un murmure. Elles en ont besoin. C’est pour cette raison qu’elles quittent leur monde pour se frayer un chemin jusqu’au nôtre. Elles veulent qu’on leur donne la vie. »

Au début du roman, nous sommes plongés au cœur de la Seconde Guerre Mondiale : David, un jeune garçon de 12 ans, vit au cœur de Londres avec ses parents. Dès le départ, nous sommes confrontés à une atmosphère lourde et à la tristesse sans fin du garçon : sa mère est gravement malade, et malgré tous ses efforts pour la garder en vie ; comme ses multitudes de rituels quotidiens ; elle décède. David va alors se plonger entièrement dans les livres, puisqu’il a une réelle passion pour la lecture, et les souvenirs de sa mère sont le plus souvent liés à celle-ci. La culpabilité et le manque de sa mère le rongent, il se renferme sur lui-même et se coupe du monde réel, n’ayant plus que pour compagnie ses livres. Le roman traite alors de sujets lourds et difficiles, surtout pour des enfants, comme le deuil d’un parent, la culpabilité et le mal-être dans un monde dont nous préférerions ne pas faire partie, et le commencement d’une nouvelle vie, avec une belle-mère qui souhaite remplacer la mère, l’arrivée d’un demi-frère et l’emménagement dans une nouvelle maison. S’ensuit alors la jalousie, David en veut à son père de refaire sa vie si rapidement et d’oublier sa mère et lui par la même occasion. Le jeune garçon, tel un électron libre, ne trouve pas sa place dans cette nouvelle vie.

« Vivre dans ce nouveau était décidément trop douloureux. Il avait fait des efforts surhumains. (…) Dans le monde des histoires, le bien était toujours récompensé et le mal puni. Tant qu’on restait dans le droit chemin, tant qu’on ne s’en écartait pas pour aller explorer la forêt, alors on ne risquait rien. Si quelqu’un était malade, comme le vieux roi du conte, ses fils partaient à la recherche de l’Eau de Vie et, si un seul d’entre eux se révélait assez courageux et assez sincère, le roi était guéri. David avait été courageux. Et sa mère plus encore. Mais au bout du compte, le courage n’avait pas suffit. Le monde dans lequel vivait David n’en tenait pas compte. Plus David y réfléchissait, moins il avait envie de faire partie de ce monde-là. »

Après un choc émotionnel, des changements majeurs dans sa vie et un renfermement sur lui-même, la frontière entre le réel et l’imaginaire devient instable, floue. Le jeune garçon passe désormais son temps plongé dans les livres, si bien qu’il ne semble plus distingué ce qui est réel et ce qui est imaginé.
Une nuit, David entend la voix de sa mère l’appeler au-dehors de la maison. Il n’hésite pas et passe par la brèche dans le mur au fond du jardin : il se retrouve alors dans un autre monde, un monde peuplé des personnages issus de ses livres préférés.

La singularité de cet autre monde est ce qui rend unique cet ouvrage. Très vite, David, ainsi que nous, lecteurs, nous rendons compte que ce monde n’est pas comme nous l’espérions : l’atmosphère y est lugubre, la paix n’y règne pas, de grands dangers planent  sur le jeune garçon, et, surtout, les personnes y vivant se trouvent être des personnages issus des contes que lit David, mais d’une toute autre version. En effet, nous avons affaire à des réécritures des contes, mais d’une manière plus effrayante, voire gore, des contes qui ne sont absolument destinés aux enfants. Par exemple, le Petit Chaperon Rouge tombe amoureuse du loup et ont un enfant, mi-loup mi-humain. David finit même par regretter d’être entré dans ce monde, puisque la beauté et l’émerveillement des contes ne sont pas présents ici. En réalité, toutes les peurs des enfants prennent vie ici : un homme étrange qui les kidnappe, des monstres plus horribles les uns que les autres.. Ici, le Prince Charmant n’existe pas, et les princesses non plus. 

Le jeune David va vivre un voyage initiatique, un voyage qui va le changer à jamais. Le passage pour retourner dans son monde n’existe plus, il doit alors trouver lui-même un moyen pour rentrer. Pour ce faire, il va faire un long voyage jonché d’obstacles, d’aventures et d’ennemis, durant lequel il va rencontrer les personnages des contes qu’il lit, afin de trouver le roi pour qu’il l’aide à rentrer chez lui. Mais bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, et si le lecteur se pose de multiples questions tout au long de sa lecture, c’est pour en trouver les réponses à la toute fin du roman. Ce voyage va l’aider à faire le deuil de sa mère, mais aussi à accepter sa nouvelle vie : il passe d’enfant à homme.

Ce roman a été un réel coup de cœur puisque j’ai été plongée dans cet univers si peu commun, où l’aspect merveilleux si commun aux autres mondes a été absent, où les contes ont été totalement réécrits ; d’ailleurs j’ai adoré les passages où des personnages contaient les histoires ; et où, à la fin, il y a une réelle morale. Parfois, les contes ont été tellement réécrits qu’ils tournent à la parodie, certains passages sont d’ailleurs très amusants. Ce roman montre encore une fois l’importance de la lecture et ses vertus, passant par l’abondance de connaissances grâce aux livres et par l’échappatoire à la triste réalité du monde réel proposé. L’aventure de David dans son monde lui a permis d’affronter ses peurs, d’accepter le décès de sa mère mais aussi de grandir. La fin m’a particulièrement touchée, je l’ai trouvée parfaite, vous verrez par vous-même si vous lisez ce livre ! Je vous le recommande totalement, et particulièrement si vous aimez les contes !

Et vous, avez-lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?
A bientôt pour une nouvelle chronique !

 

« La plupart des enfants finissent toujours par revenir ici. »

 

 

 

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2 commentaires sur “Chronique N°4 : Le Livre Des Choses Perdues

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