Chronique n°6 : Max

max

 

Titre : Max
Auteur : Sarah Cohen Scali
Genre : historique
Date de sortie : Mai 2012
Editeur : Gallimard Jeunesse
Nombre de pages : 480
Note : 4,5/5

 

 

 

Résumé :
« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi… béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.
Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher.
Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne. »

 

Mon avis :
Je ne lis quasiment jamais de livres historiques, étant surtout tournée vers la Fantasy, le fantastique et la dystopie. Mais ce roman a attisé ma curiosité grâce à son résumé, et, m’intéressant beaucoup à la Seconde Guerre Mondiale, je me suis lancée. J’en suis ressortie l’estomac noué.

Le roman est écrit du point de vue de Max : le premier bébé du projet « Lebensborn », projet créé par Himmler en Allemagne. Des femmes étaient sélectionnées selon leurs critères physiques pour mettre au monde des représentants de la race aryenne la plus pure, afin de peupler l’Europe d’une jeunesse idéale, parfaite. Nous suivons alors Max durant tout le début de sa vie, années pendant lesquelles Hitler est au pouvoir, années de guerre, de terreur, d’horreur. Ce petit garçon va jouer un rôle essentiel pour le bon déroulement des plans des nazis, et nous allons suivre son évolution, tant mentale que physique, durant les différentes étapes de sa vie bien trop remplie pour son jeune âge. 

Max est un anti-héros, et les sentiments que nous éprouvons à son égard sont très flous : d’un côté, nous le détestons, pour ses pensées, ses paroles, ses actes. Mais d’un autre côté, nous ressentons une sorte d’affection pour lui, mêlée à de la pitié : au fond, ce n’est pas de sa faute. Il a subit du bourrage de crâne depuis sa naissance, il pense faire ce qui est juste, ce qui est bien. D’ailleurs, nous pouvons remarquer une nette évolution vers la fin du roman, où Max va se poser de plus en plus de questions par rapport à la haine à l’égard des juifs, à la puissance d’Hitler, et à l’horreur que tous ces pauvres gens subissent tous les jours depuis des années. Ce qui le pousse vers la prise de conscience, c’est son amitié avec Lucas, un enfant Polonais et Juif. Max va se poser beaucoup de questions sur la haine qu’éprouvent les Nazis à l’encontre de cette population, à ce qu’ils leur font subir, et à ce que lui leur a fait subir depuis son plus jeune âge. A la fin, il s’en rend compte. Il se rend compte qu’il a été utilisé, que son enfance a été gâchée, il se rend compte que lui aussi, il a été l’acteur de choses terribles. Il se rend compte de son enfance détruite, du mal qu’il a causé, mais de son statut de victime également. 

La plume de l’auteure est poignante : bien que le récit soit écrit du point de vue de Max, un bébé au début de l’histoire, le vocabulaire est cru et elle ne passe pas par quatre chemins. Aucune métaphore, tout est dit explicitement, ce qui amplifie le sentiment de mal-être face à la lecture. Ce mal-être provient surtout des paroles de l’enfant : des paroles extrémistes, antisémites, choquantes pour son âge. Paroles qui découlent d’un bourrage de crâne dès sa naissance : il est certain de faire ce qui est bien, certain que ses paroles soient la vérité absolue.

Bien que Max n’ait pas réellement existé, l’auteure s’inspire de faits réels : les milliers de bébés de ce programme sont tous des Max. Ce projet a bien existé, ainsi que toutes les horreurs faites sur les Juifs, les femmes restées en ville, les enfants séparés de leur famille, et les bébés de ce programme qui, s’ils ne correspondaient pas aux critères aryens à leur naissance, étaient tués ou utilisés pour des expériences et études. Certains passages sont très difficiles à lire tant ils sont atroces : savoir que tout ceci s’est réellement produit accentue la boule au ventre que nous ressentons pendant notre lecture. Si vous êtes sensibles, préparez-vous à cette lecture. Elle est tant horrible que magnifique.

Malgré le fait que ce roman soit publié dans le département jeunesse de Gallimard, je trouve cette lecture très dure, à ne pas mettre dans toutes les mains. Elle est essentielle pour comprendre l’histoire de notre pays ; notre histoire ; pour avoir un autre point de vue de la guerre ; celle des Allemands. J’ai appris des faits historiques dont j’ignorais l’existence, des faits pour la plupart ignobles.

Au final, c’est un roman qui nous fait prendre conscience d’une chose : la chance que nous avons de vivre à notre époque, dans notre société actuelle. N’attendez pas pour vivre pleinement votre vie.

Ce livre fait désormais partie de mes préférés, et je pense plus me pencher sur la littérature historique. Je le conseille à tous les passionnés d’histoire, ou à ceux qui cherchent à comprendre notre monde. C’est un livre à livre au moins une fois dans sa vie.

 

« Et je crois bien qu’en temps de guerre, pour un enfant, les années comptent double ».

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