Chronique N°4 : Le Livre Des Choses Perdues

 

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Titre : Le Livre Des Choses Perdues
Auteur : John Connolly
Genre : Fantasy
Date de sortie : 2009
Editeur : L’Archipel
Prix : 18,80€
Nombre de pages : 349
Note : ⭐⭐⭐⭐ / 5

 

 

 

Résumé :
Il était une fois – car c’est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d’entendre sa mère l’appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre Mondiale déferle sur l’Europe, David entame un périple à la recherche d’un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre Des Choses Perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d’autres desseins..

Mon avis :
Pour tout vous dire, je ne m’attendais absolument pas à ce genre de lecture. A la vue du résumé, je pensais trouver un univers tel que celui du roman L’Histoire Sans Fin de Michael Ende : un jeune garçon, pour échapper à la dure réalité de la vie, s’enfuit dans un monde fantastique, où il peut avoir et devenir tout ce qu’il souhaite, un monde d’une beauté sans pareille et peuplé de créatures toutes plus superbes et mystérieuses les unes que les autres. Même si certains points sont semblables, le monde dans lequel est plongé le jeune David n’a rien de merveilleux.

« Les histoires veulent être lues, disait la mère de David dans un murmure. Elles en ont besoin. C’est pour cette raison qu’elles quittent leur monde pour se frayer un chemin jusqu’au nôtre. Elles veulent qu’on leur donne la vie. »

Au début du roman, nous sommes plongés au cœur de la Seconde Guerre Mondiale : David, un jeune garçon de 12 ans, vit au cœur de Londres avec ses parents. Dès le départ, nous sommes confrontés à une atmosphère lourde et à la tristesse sans fin du garçon : sa mère est gravement malade, et malgré tous ses efforts pour la garder en vie ; comme ses multitudes de rituels quotidiens ; elle décède. David va alors se plonger entièrement dans les livres, puisqu’il a une réelle passion pour la lecture, et les souvenirs de sa mère sont le plus souvent liés à celle-ci. La culpabilité et le manque de sa mère le rongent, il se renferme sur lui-même et se coupe du monde réel, n’ayant plus que pour compagnie ses livres. Le roman traite alors de sujets lourds et difficiles, surtout pour des enfants, comme le deuil d’un parent, la culpabilité et le mal-être dans un monde dont nous préférerions ne pas faire partie, et le commencement d’une nouvelle vie, avec une belle-mère qui souhaite remplacer la mère, l’arrivée d’un demi-frère et l’emménagement dans une nouvelle maison. S’ensuit alors la jalousie, David en veut à son père de refaire sa vie si rapidement et d’oublier sa mère et lui par la même occasion. Le jeune garçon, tel un électron libre, ne trouve pas sa place dans cette nouvelle vie.

« Vivre dans ce nouveau était décidément trop douloureux. Il avait fait des efforts surhumains. (…) Dans le monde des histoires, le bien était toujours récompensé et le mal puni. Tant qu’on restait dans le droit chemin, tant qu’on ne s’en écartait pas pour aller explorer la forêt, alors on ne risquait rien. Si quelqu’un était malade, comme le vieux roi du conte, ses fils partaient à la recherche de l’Eau de Vie et, si un seul d’entre eux se révélait assez courageux et assez sincère, le roi était guéri. David avait été courageux. Et sa mère plus encore. Mais au bout du compte, le courage n’avait pas suffit. Le monde dans lequel vivait David n’en tenait pas compte. Plus David y réfléchissait, moins il avait envie de faire partie de ce monde-là. »

Après un choc émotionnel, des changements majeurs dans sa vie et un renfermement sur lui-même, la frontière entre le réel et l’imaginaire devient instable, floue. Le jeune garçon passe désormais son temps plongé dans les livres, si bien qu’il ne semble plus distingué ce qui est réel et ce qui est imaginé.
Une nuit, David entend la voix de sa mère l’appeler au-dehors de la maison. Il n’hésite pas et passe par la brèche dans le mur au fond du jardin : il se retrouve alors dans un autre monde, un monde peuplé des personnages issus de ses livres préférés.

La singularité de cet autre monde est ce qui rend unique cet ouvrage. Très vite, David, ainsi que nous, lecteurs, nous rendons compte que ce monde n’est pas comme nous l’espérions : l’atmosphère y est lugubre, la paix n’y règne pas, de grands dangers planent  sur le jeune garçon, et, surtout, les personnes y vivant se trouvent être des personnages issus des contes que lit David, mais d’une toute autre version. En effet, nous avons affaire à des réécritures des contes, mais d’une manière plus effrayante, voire gore, des contes qui ne sont absolument destinés aux enfants. Par exemple, le Petit Chaperon Rouge tombe amoureuse du loup et ont un enfant, mi-loup mi-humain. David finit même par regretter d’être entré dans ce monde, puisque la beauté et l’émerveillement des contes ne sont pas présents ici. En réalité, toutes les peurs des enfants prennent vie ici : un homme étrange qui les kidnappe, des monstres plus horribles les uns que les autres.. Ici, le Prince Charmant n’existe pas, et les princesses non plus. 

Le jeune David va vivre un voyage initiatique, un voyage qui va le changer à jamais. Le passage pour retourner dans son monde n’existe plus, il doit alors trouver lui-même un moyen pour rentrer. Pour ce faire, il va faire un long voyage jonché d’obstacles, d’aventures et d’ennemis, durant lequel il va rencontrer les personnages des contes qu’il lit, afin de trouver le roi pour qu’il l’aide à rentrer chez lui. Mais bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, et si le lecteur se pose de multiples questions tout au long de sa lecture, c’est pour en trouver les réponses à la toute fin du roman. Ce voyage va l’aider à faire le deuil de sa mère, mais aussi à accepter sa nouvelle vie : il passe d’enfant à homme.

Ce roman a été un réel coup de cœur puisque j’ai été plongée dans cet univers si peu commun, où l’aspect merveilleux si commun aux autres mondes a été absent, où les contes ont été totalement réécrits ; d’ailleurs j’ai adoré les passages où des personnages contaient les histoires ; et où, à la fin, il y a une réelle morale. Parfois, les contes ont été tellement réécrits qu’ils tournent à la parodie, certains passages sont d’ailleurs très amusants. Ce roman montre encore une fois l’importance de la lecture et ses vertus, passant par l’abondance de connaissances grâce aux livres et par l’échappatoire à la triste réalité du monde réel proposé. L’aventure de David dans son monde lui a permis d’affronter ses peurs, d’accepter le décès de sa mère mais aussi de grandir. La fin m’a particulièrement touchée, je l’ai trouvée parfaite, vous verrez par vous-même si vous lisez ce livre ! Je vous le recommande totalement, et particulièrement si vous aimez les contes !

Et vous, avez-lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?
A bientôt pour une nouvelle chronique !

 

« La plupart des enfants finissent toujours par revenir ici. »

 

 

 

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Chronique N°3 : La Faucheuse, Thunderhead

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Titre : La Faucheuse, Thunderhead
Auteur : Neal Shusterman
Genre : dystopie
Date de sortie : 2018
Editeur : R-Jeunes adultes
Prix : 19,50€
Nombre de pages : 576
Note : ⭐⭐⭐⭐,5 / 5

 

 

 

Attention, cet article continent des spoilers sur le tome 1 de La Faucheuse !

Résumé :
« Les humains apprennent de leurs erreurs. Moi pas. Je ne commets jamais d’erreur. »
Le Thunderhead, l’intelligence artificielle qui gouverne le monde, a interdiction de se mêler des affaires de la communauté des Faucheurs. Il ne peut qu’observer… Et il n’aime pas ce qu’il voit.

Mon avis :
Que dire si ce n’est que La Faucheuse est devenue en seulement quelques jours une de mes sagas préférées ? Je viens de finir le deuxième tome, et un seul mot est suspendu à mes lèvres : wow.

En finissant le tome un de La Faucheuse, j’avais tellement été absorbée par cet univers futuriste que j’avais peur d’être déçue par Thunderhead, le tome deux. En effet, après avoir découvert cette nouvelle société, ses fonctionnements et les multiples personnages, je me demandais ce que je pourrai bien découvrir dans le tome suivant. Saurait-il me faire vibrer et me surprendre comme son prédécesseur ? J’étais loin de m’imaginer à quel point.

Dans ce roman, nous retrouvons les personnages du tome précédant, ceux chers à nos cœurs,  mais également des nouveaux, comme Greyson Tolliver. La fin du premier tome laissait sous-entendre la suite :  Citra devenue une jeune Faucheuse, et Rowan évaporé dans la nature, devenant à lui seul Maître Lucifer. En effet, ce dernier s’est donné comme mission de débarrasser la Communauté des Faucheurs injustes, ceux appartenant au Nouvel Ordre, qui prennent plaisir à tuer et qui veulent changer certains commandements, comme le quotas de personnes à glaner par an par exemple. C’est le conflit entre les deux parties, l’Ancien Ordre et le Nouvel Ordre qui est omniprésent tout au long du roman. 

Dans le tome précédant, j’avais particulièrement apprécié la présence d’extraits des journaux de certains Faucheurs. Ils nous permettaient d’entrer dans leur intimité et de ne plus les voir comme des êtres ôtant la vie sans aucun remord mais, au contraire, comme des humains à qui on a confié une énorme tâche, trop lourde pour leurs épaules. Ces extraits permettaient aux lecteurs de se rapprocher des Faucheurs, de comprendre leurs états d’esprits et leurs pensées, et de se rendre compte que non, ils n’étaient pas insensibles, et qu’ils ne dormaient pas bien la nuit. Dans ce tome deux, il n’y a plus la présence de ces extraits, mais la présence des pensées du Thunderhead lui-même, l’intelligence artificielle qui gouverne le monde entier. Et j’ai trouvé cela encore plus intéressant. En effet, grâce à ces extraits, nous comprenons mieux ce monde nouveau : nous apprenons comment a été mis en place le Thunderhead, la manière dont il fonctionne, comment il surveille et gère le monde entier, et surtout comment il a su trouver une solution à chaque problème que nous vivons, nous lecteurs, au quotidien dans notre vie. Et c’est pour cela que ce roman est si poignant, à mon sens : tout ce qui se trouve dans ce roman est plausible. Le Thunderhead a réglé chaque problème de notre vie. Malheureusement, rien ne peut être parfait, car les humains restent des humains, avec leurs défauts et leurs vices.. Il s’est avéré que je me suis attachée à cette intelligence artificielle, qui regarde tout ce qu’il a construit se désagréger peu à peu sans pouvoir intervenir.

« J’ai effectué un nombre incalculable de simulations quant à la survie de l’humanité. Sans moi, elle aurait eu 96,8% de chances de s’éteindre d’elle-même et 78,3% de chances de rendre la planète inhabitable pour toute forme de vie terrestre. L’humanité l’a échappé belle en se choisissant comme gouvernant et protecteur une intelligence artificielle bienveillante. »

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Je reprochais quelque peu au tome un de ne pas entrer assez profondément dans la psychologie des personnages et de tarder dans les moments d’action. Et bien je dois dire que j’ai été agréablement surprise, puisque chaque personnage, même les secondaires, ont été plus que développés, de sorte à ce que je compatisse à certains, à ce que je m’identifie à d’autres, et à ce que je m’attache à beaucoup d’entre eux. Nous retrouvons Citra qui doit abandonner sa vie d’avant mais aussi celle qu’elle était, puisqu’elle est désormais Dame Anastasia, et nous faisons face aux difficultés qu’elle rencontre à s’assumer pleinement Faucheuse. Rowan, quant à lui, est confronté, comme dans le tome précédent, à beaucoup d’obstacles très douloureux, et son obsession pour faire disparaître de la Communauté tous les Faucheurs corrompus n’arrange pas les choses. Grâce à cet approfondissement, j’ai même pris certains « méchants » en pitié.
Contrairement au manque d’action dans le premier tome, Thunderhead en est regorgé. Pas un seul instant nous pouvons nous ennuyer, puisque dès le début, l’intrigue s’installe très rapidement et nous lance dans une spirale infernale : Dame Anastasia et Dame Curie sont en danger et le Nouvel Ordre et l’Ancien s’affrontent plus que jamais. S’ensuit tout un tas d’enquêtes, de rebondissements, que nous ne pouvons en aucun cas prévoir. Plusieurs fois, je me suis retrouvée sans voix devant ce que je lisais. Et ne parlons pas des derniers chapitres.. Ils m’ont quant à eux bouleversée, une succession d’événements que je n’avais en aucun cas vu venir m’a sauté au visage et m’a fait verser quelques larmes. L’auteur sait faire monter la pression et le suspense pour un final explosif. Vraiment explosif.

Et, alors que j’étais soulagée de ne pas voir de relation trop romantique et niaise entre Rowan et Citra dans le premier tome, ici, je ne demandais que cela.
Je me demande comment je vais tenir jusque 2019 pour le troisième et dernier tome.. Je me suis tellement attachée à Citra et Rowan, j’ai bien peur de ce qui pourrait leur arriver.

Je vous conseille cette saga à 100%. C’est un univers très complet, avec ses personnages plus complexes les uns que les autres et des rebondissements imprévisibles. L’intrigue est très bien construite et tout est mis en place pour nous bouleverser et nous faire réfléchir sur notre place dans le monde. Je suis ressortie de ma lecture toute secouée.

 

« Elle l’enveloppa de ses bras et il la serra contre lui. Dans son étreinte, elle n’était plus Dame Anastasia, elle était redevenue Citra Terranova. »

 

 

 

Bilan du mois : juin 2018

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Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve pour mon premier bilan sur le blog, celui du mois de juin.

Je dois dire que je n’ai pas lu autant que je l’aurais voulu, puisque j’ai eu beaucoup de mal à terminer L’Histoire Sans Fin, bien que j’ai adoré l’intrigue et l’univers de ce roman.

  • L’Histoire Sans Fin – Michael Ende ⭐⭐⭐⭐/ 5 ( chronique ici )
  • La Faucheuse – Neal Shusterman ⭐⭐⭐⭐,5 / 5 ( chronique ici )
  • La Faucheuse, Thunderhead – Neal shusterman ⭐⭐⭐⭐,5 / 5 
  • Le Livre des Choses Perdues – John Connolly ( en cours de lecture )

Je suis néanmoins satisfaite de mes lectures du mois, car je n’ai pas été déçue par un seul de ces romans. J’ai découvert la saga La Faucheuse qui a été un véritable coup de cœur pour moi, j’avais peur d’être déçue par le deuxième tome mais il n’en a été que meilleur, à mon grand bonheur. Vous pourrez d’ailleurs retrouver la chronique de Thunderhead prochainement sur le blog.
Je suis également ravie d’avoir lu un des grands classiques de la littérature de jeunesse, L’Histoire Sans Fin, même si j’ai dû m’accrocher pour ne pas me noyer dans cet univers si riche.
Je n’ai pas encore terminé Le Livre des Choses Perdues car je ne cesse de prendre des notes pendant ma lecture qui me serviront pour mon futur mémoire. Je ne suis pas encore arrivée à la moitié du roman mais je peux déjà dire que ce livre est une pépite : c’est un univers assez sombre, le garçon qui est le personnage principal est très touchant et il y a un basculement dans un monde fantastique, ce que je préfère dans les romans de littérature de jeunesse !

 

Et vous, quelles ont été vos lectures du mois ?

 

 

Chronique N°2 : L’Histoire Sans Fin

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Titre : L’Histoire Sans Fin
Auteur : Michael Ende
Genre : fantastique 
Éditeur : Hachette 
Prix : 19,90€
Nombre de pages : 517
Note : 4 / 5 

 

 

 


Résumé :
 
Allongé dans le grenier poussiéreux de son école, Bastien s’évade entre les pages de sa dernière trouvaille : un vieux livre aux belles images, volé dans une boutique.
Il raconte une histoire pas comme les autres, une Histoire Sans Fin, celle du Pays Fantastique où vivent des créatures étranges.
Elfes nocturnes et escargots de course, loups-garous et dragons sont menacés par un mal mystérieux qui efface tout sur son passage..
Bastien le comprend très vite : même Atréyu, le héros sans peur qu’il aime tant, n’a pas la force d’arrêter le Néant.
Un seul être est capable de sauver le Pays Fantastique : un enfant des hommes, venu d’un univers au-delà des frontières.. Un enfant qui n’est peut-être pas si loin que ça.

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Mon avis :
Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, on se retrouve pour ma deuxième chronique sur le blog, portée sur le roman fantastique L’Histoire Sans Fin écrit par Michael Ende.

Qui n’a jamais rêvé, étant enfant ou même adulte, de se plonger véritablement dans l’univers qu’il est en train de lire ? Bastien, lui, a eu cette chance.
Grand classique de la littérature de jeunesse, je me devais de lire ce roman. Ayant toujours eu un grand intérêt pour les livres dans lesquels se trouve un basculement monde réel / monde imaginaire et fantastique, encore plus. 

L’Histoire Sans Fin est une ode à la lecture et à l’imaginaire. Ce roman montre le pouvoir de l’imagination, de la littérature et ses bienfaits sur les lecteurs.
Nous découvrons Bastien, petit garçon d’une dizaine d’années, mal dans sa peau, qui a perdu sa mère et dont les relations avec son père sont houleuses. Ses camarades d’école se moquent de lui et la solitude le ronge de plus en plus. Il va alors se plonger dans ce qui ne le décevra et ne le blessera jamais : un livre, qu’il vole chez un libraire. Il se réfugie dans un monde imaginaire pour échapper à la dure réalité de la vie. Ce que la plupart des lecteurs font, en réalité. 

Le livre qu’il lit passionnément raconte l’histoire du Pays Fantastique qui se trouve en grand danger : le Néant efface peu à peu tout le pays, entraînant sur son passage tous ses habitants. Le seul moyen de tous les sauver : un enfant venu du monde des Hommes doit donner un nouveau nom à la Petite Impératrice. Je vous laisse deviner qui va s’en charger..
Le petit Bastien va alors vivre toutes sortes d’aventures dans le Pays Fantastique, des aventures qui vont changer la personne qu’il est, changer également sa vie mais aussi celle des Hommes de son monde.

Ce roman met des mots sur un fantasme littéraire très répandu et ce depuis toujours : celui de briser la frontière entre imaginaire et réalité, d’entrer en contact avec les personnages de l’histoire que nous lisons, et de se retrouver corps et âme dans l’histoire pour que l’imaginaire devienne finalement réalité. 

J’ai beaucoup aimé ce roman, mais la lecture a été un peu compliquée pour moi. J’ai parfois dû faire de longues pauses dans ma lecture et m’accrocher pour ne pas me perdre dans ce monde si riche. L’abondance de descriptions permet au lecteur de bien imaginer à quoi ressemble cet univers inconnu pour lui et les créatures qui le peuplent, mais cela cache quelque peu l’action et fait traîner le roman en longueur. Néanmoins, j’ai adoré cet univers, nous sommes surpris de page en page, les créatures décrites et les paysages sont surprenants et passionnants. L’auteur a énormément d’imagination, il nous fait voyager dans un monde inconnu, fantastique, où tout est possible tant que nous le désirons.
Me plongeant dans les livres depuis mon enfance, je me suis reconnue en Bastien, et je pense que c’est le cas pour tous les amoureux de la lecture et des mondes imaginaires. J’aurais tellement aimé pouvoir devenir l’héroïne de mon livre préféré, être plongée littéralement dans l’univers décrit en étant plus jeune !
J’ai également apprécié le fait que nous suivons deux histoires bien distinctes au début, mais qui n’en font qu’une au bout d’un moment : nous lisons l’histoire de Bastien, qui vole un livre et le lit, et l’histoire du Pays Fantastique. Et soudain, ces deux histoires n’en font qu’une, puisque Bastien est plongé dans le Pays Fantastique. D’ailleurs, la réalité et l’histoire du monde imaginaire sont écrites en différentes couleurs pour ne pas que le lecteur soit perdu.
Concernant les personnages, ils sont complexes, mystérieux, et, chose importante, ils ne sont pas parfaits. Ils font des erreurs, ont des différends, et leur caractère change, comme c’est le cas pour tout le monde. Ils sont humains. Je pense que toutes celles et tous ceux qui ont lu le roman sont d’accord pour dire qu’à un moment, Bastien devient exécrable. Cela fait partie du voyage initiatique, il doit passer par là pour en tirer les bonnes leçons. 

La mise en abîme tout au long du roman m’a parue très intéressante : nous lisons un livre dans lequel un enfant lit un livre contant l’histoire d’un monde imaginaire. Dans un sens, nous, lecteurs, sommes le personnage central de l’histoire : à plusieurs reprises, Bastien fait allusion aux lecteurs, en déclarant qu’il se peut que quelqu’un lise son histoire, qu’il devienne alors le « nouveau Bastien » et que l’histoire recommencerait à l’infini, ce qui explique le titre du roman, L’Histoire Sans Fin.

En réalité, nous sommes tous des Bastien : nous, lecteurs, nous plongeons dans une histoire, nous nous mettons à la place des personnages et nous imaginons que c’est bien nous qui vivons ces aventures. En lisant, nous nous plongeons complètement dans un autre univers, échappant ainsi à la réalité nous entourant.

Pour conclure, je recommande ce roman à tous les amoureux de la lecture, du fantastique, des mondes imaginaires. Il interroge le lecteur sur ce qu’il juge être réel ou imaginaire, et sur sa propre capacité à franchir cette barrière mentale. Et, comme Bastien, après avoir terminé un livre, nous en sortons, dans un sens, changés.

 

« Hélas, tout n’arrive qu’une fois, pourtant tout doit arriver.
Par-dessus monts et vallées, 
Par-dessus les prés et les bois,
Je m’en irai, je passerai.. »

 

 

Chronique N°1 : La Faucheuse

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Titre : La Faucheuse
Auteur : Neal Shusterman
Genre : dystopie
Date de sortie : 2017
Editeur : R-Jeunes adultes
Prix : 18,90€
Nombre de pages : 496
Note : 4,5 / 5

 

 

 

Résumé :
Les commandements du faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

Mon avis :
Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour ma première chronique littéraire qui se porte sur le roman dystopique La Faucheuse de Neal Shusterman.

Puisque le résumé du roman ne dévoile pas grand chose sur la trame de l’histoire, je vais tout d’abord me pencher sur ce point mais, bien évidemment, sans trop en révéler pour garder la surprise aux futurs lecteurs et lectrices de La Faucheuse.
L’histoire se déroule dans notre futur, où la société se trouve complètement changée. En effet, la maladie, la vieillesse et la souffrance physique n’existent plus : les blessures guérissent très rapidement et lorsque quelqu’un meurt, il est obligatoirement ressuscité, même s’il s’agit d’un suicide. Les Hommes peuvent donc vivre éternellement et retrouver le physique qu’ils avaient à n’importe quel âge et autant de fois qu’ils le souhaitent. Pour réguler la population, une communauté est présente sur tous les continents : les faucheurs. Ils sont chargés de glaner, c’est-à-dire tuer un certain nombre de personnes par an et de la manière qu’ils désirent, mais leurs actions sont sans cesse guidées par de nombreuses lois et commandements.
Ici, nous suivons l’histoire de Citra et Rowan, deux jeunes gens choisis pour devenir des faucheurs. Ils bénéficient d’un apprentissage jonché, bien évidemment, de nombreuses embûches.

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Pour moi, ce roman a été un véritable coup de cœur. La base même de l’histoire est originale, nous découvrons une société complètement modifiée qui nous fait perdre tous nos repères. L’histoire est peu commune et innovante, j’ai déjà lu des dystopies, certes, mais ce roman ne s’en rapproche en rien, c’est une société totalement différente de ce que j’ai pu voir jusqu’ici.

Le livre se lit très rapidement, l’écriture est fluide, simple. Certes, j’ai trouvé le cœur même de l’action un peu long à commencer, puisque ce n’est qu’à la moitié du livre que nous sommes plongés dans une spirale infernale jonché d’embûches et d’imprévus. D’ailleurs, la trame est totalement imprévisible, nous ne sommes jamais sûrs de ce qu’il va se produire. Le début ne prépare en rien à la fin du roman.

Ce que j’ai préféré le plus dans ce roman, et c’est une des choses pour lesquelles il se détache des autres à mon égard, c’est la présence d’extraits de journal de bord de certains faucheurs avant chaque chapitre. En effet, chaque faucheur a pour obligation de mettre à l’écrit leurs actions, leurs pensées et leurs états d’esprit, et cela donne aux lecteurs de nombreux renseignements, comme la façon dont cette société s’est mise en place, leurs lois et leurs commandements, leur manière de vivre.. Mais ces extraits permettent aussi de pouvoir se mettre à la place des faucheurs, et non plus les voir comme des monstres ou des « méchants ». Ce sont des êtres humains qui sont contraints, pour le bien de l’humanité, d’ôter des vies. La plupart n’apprécient pas leur mission mais s’en sont habitués, et d’autres, bien plus cruels, se délectent de chaque vie enlevée..

Je n’ai pas relevé de stéréotypes chez les personnages, je les ai trouvés complexes et chacun a sa propre personnalité. Ce qui m’a manqué, c’est l’absence d’approfondissement de psychologie des personnages, surtout chez Citra et Rowan. Ils doivent apprendre à tuer et sont séparés de leurs familles, ce qui doit bien évidemment être bouleversant pour eux, mais ils ont l’air de s’adapter plutôt rapidement. Puisque le caractère de Citra n’est pas similaire au mien, je n’ai pas pu m’identifier au personnage. Mais je remercie l’auteur de ne pas en avoir fait une fille cruche, faible de caractère et qui s’apitoie sur son sort, puisque je trouve ce type de personnage très irritable. La relation entre Citra et Rowan n’a rien d’ennuyeux et de romantique, je l’apprécie d’ailleurs particulièrement, puisque ce n’est généralement pas ce que l’on rencontre dans ce genre de roman pour la jeunesse.

Pour conclure, je n’ai qu’une chose à dire : si vous hésitiez à le lire, foncez. C’est une histoire prenante, je ne me suis pas ennuyée une seconde, et les relations entre les différents personnages sont très intéressantes. J’espère ne pas être déçue par le tome 2, Thunderhead.

On se retrouve bientôt pour une prochaine chronique !

 

« Je suis la lame par ta main dirigée,
Tranchant un rayon d’arc-en-ciel,
Je suis le marteau, mais tu es la cloche,
Résonnant dans l’obscurité.
Si tu es le chanteur, alors je suis la chanson,
Une mélopée, un requiem, un chant funèbre.
L’élan éternel de l’humanité. »